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La discrète PME roubaisienne est le leader français des emballages de fleurs. Elle vient de basculer toute sa production àl'encre à l'eau, une véritable gageure dans un univers par nature humide. Les centrales de grande distribution apprécient.
C'est dans une ancienne usine textile de roubaix que Clayrton's s'est installée il y a 20 ans. Un site industriel en pelin coeur de ville où la PMI a su s'épanouir.
L'entreprise de la famille LEPOUTRE est spécialisée dans le packaging décoratif pourrait-on dire, puisque la société fabrique et vend 4 500 références différentes, organisées en deux collections par an.
Avec un chiffre d'affaires de 10.5 millions d'euros, dont 20% à l'export, la société est devenue le numéro un français et figure au top 5 européen. mais là où ses concurrents notamment néerlandais ont choisi de délocaliser la production en Asie, Tristan-Guirec LEPOUTRE et son frère Alban ont choisi de maintenir l'activité en France, où elle emploie 58 salariés.
"Nous voulons garder le savoir-faire ici. La sollution c'est l'automatisation, avec un personnel très polyvalent, et l'innovation", explique tristan-Guirec. La société vient précisément de conclure un programme de recherche de deux ans, en association avec le pôle de compétitivité Maud (Matériaux à usage domestique). Avec un résultat spectaculaire : Clayrton's est la seule entreprise en Europe capable aujourd'hui d'imprimer des suuports biodégradables avec de l'encre à l'eau. Les encres à l'eau existent déjà dans l'industrie du carton depuis longtemps, mais le carton absorbe l'encre et ne pose pas de problème technique. En revanche, imprimer de l'encre à l'eau sur des feuilles lisses de polypropylène relevait jusqu'à présent de la quadrature de cercle. D'autant plus si l'on rajoute la difficulté que ces feuilles emballeront des fleurs humides par définition.
Les dirigeants de Clayrton's gardent pour eux leurs secrets de favrication, qui vont de la formulation de l'encre à son process de séchage, mais le résultat final est une impression tout aussi résistante à l'eau que celle réalisée jusqu'alors avec les encres à base d'acétate ou d'essence. La société aura investi 300000 euros dans ce projet, sans compter la formation du personnel ou le temps passé.
Résultat : en octobre dernier, la société a stoppé la production pendant une semaine complète et basculé d'un coup dans l'impression à l'encre à l'eau.
"On s'inscrit dans une démarche de développement durable globale. Tous nos véhicules de société sont aux normes Eco2 (en dessous de 105 g d'emission au km), les conditions de travail sont fortement améliorées pour les opérateurs. avant, on avait l'impression d'être dans une station-service!" résume tristan-Guirec LEPOUTRE.
Cette nouvelle offre de Clayrton's a déjà porté ses premiers fruits puisque la grande distribution, qui représnte 20% de son chiffre d'affiares, est très réceptive. La société a obtenu le référencement dans deux nouvelles centrales d'achat, celle de Super U et de Leclerc.
Seule difficulté pour Clayrton's, l'innovation verte a un coût supérieur e 25% à 30%, qu'elle doit progressivement imposer au marché. Les dirigeants sont confiants dans l'avenir. "C'est vrai que tous les clients ne sont pas encore prêts. Mais il y a un besoin latent : il n'est pas logique d'offrir un produits naturel à la durée de vie très courte, des fleurs, dans un emballage qui lui aura une durée de vie d'au moins 100 ans", plaide Tristan-Guirec LEPOUTRE. Et la société est bien décidée à poursuivre sa stratégie d'innovation : un second projet est engagé avec le pôle Maud pour trouver des matériaux de substitution aux cache pots en accordéon en PVC proposés aujourd'hui par Clayrton's. Une manière de conserver toujours une avance stratégique sur la concurrence.
Source : La Gazette Nord-Pas-de-Calais - 12 juin 2008
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