Actualités
Pages Nationales
Biodiversité: la Caisse des Dépôts crée un instrument financier | Biodiversité: la Caisse des Dépôts crée un instrument financier |
|
|
|
Sur le papier, la loi de protection de la nature de 1976 a tout prévu. Un projet de construction d'infrastructures qui contribue à détruire un espace naturel doit veiller à en limiter l'impact, et compenser la perte de biodiversité. Mais, jusqu'à présent, rien n'a été fait pour organiser, sur le terrain, la réalisation des programmes de compensation et surtout de leur suivi dans le temps. Hier, la Caisse des Dépôts a donc annoncé la création de la filiale, CDC Biodiversité, dotée de 15 millions d'euros, dont la mission sera justement d'organiser, sur le long terme, le financement et la réalisation des opérations de compensation. Premier projet en vue, l'élargissement partiel de l'autoroute A63 dans les Landes, qui devrait participer financièrement à la restauration de l'habitat naturel du vison d'Europe, un mammifère protégé. En ajoutant le financement apporté par la société d'autoroute à celui lié à l'agrandissement d'une zone industrielle consécutive à la création d'une bretelle autoroutière, l'idée est de permettre de restaurer, au bord des rivières, des zones de vie pour cet animal. Il faut convaincre les propriétaires forestiers de ne pas détruire les terriers, recréer un passage pour les animaux, acheter les pièces de terrain les plus importantes... "Le but n'est pas de faciliter la destruction d'espaces naturels, mais de prévoir quoi faire à partir du moment où la société a décidé de réaliser un projet et où les études nécessaires ont été menées pour en réduire l'impact. Notre rôle sera également de financer le travail des associations de protection de l'environnement", explique Laurent Piermont, président de la Société forestière, filiale de la caisse qui gère déjà plus de 200.000 hectares de forêts. Il présidera également CDC Biodiversité. Le marché est considérable: chaque année, environ 60.000 hectares sont "artificialisés", et les besoins financiers pour tenter de réduire la perte de biodiversité sont estimés à 700 millions d'euros. Mais la conséquence la plus immédiate sera de donner une valeur financière à la destruction de paysage, de pousser à la réalisation d'études d'impact plus sérieuses, car validées par un tiers de confiance. De quoi inciter les maîtres d'ouvrage à être plus économes. Source: Les Echos-20.02.2008 |


