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La Halde dénonce l'absence d'acords antidiscrimination dans les entreprises Version imprimable Suggérer par mail

"Cela avance, mais lentement" et "on est encore loin du compte". Hier, Nicole NOTAT, présidente du cabinet de notation sociale Vigeo, et Louis SCHWEITZER, président de la Haute Autorité de Lutte contre les discriminations (Halde), ont dressé un tableau mitigé de l'évolution de la lutte conter les discriminations. Leur constat s'appuie sur une vaste étude de Vigeo, qui a passé au crible les pratiques de 562 grandes entreprises européennes cotées, dans 18 pays différents.
"Dans aucun pays et dans aucun secteur, les prescriptions de l'Organisation internationale du travail (OIT)ne sont encore pleinement appliquées", analyse l'étude. Elle souligne que, dans l'essentiel des cas, la volonté d'agir est désormais "réelle" mais se heurte souvent à l'absence d'objectifs clairement définis et au manque de moyens déployés, qui se limitent dans 76% des cas à l'information des salariés.
La France moteur en Europe
Malgré ses lacunes, la France peut toutefois se targuer d'être moteur en Europe : les entreprises hexagonales se classent ainsi deuxièmes, derrière les norvégiennes, au clasement par nationalité effectué par Vigeo. Le classement par secteur pour sa part que l'industrie pharmaceutique, l'assurance, le transport aérien, la chimie et l'énergie sont "les plus engagés". A l'opposé, l'agroalimentaire, le luxe et le tabac sont les moins avancés.
Une autre étude, également dévoilée hier, menée par la Halde et l'institut CSA auprès d'un échatillon représentatif de 603 salariés du privé, met elle aussi en lumière l'ampleur du chemin qui reste à parcourir. Un quart des salariés sondé estiment avoir déjà été victimes d'au moins une discrimination et près d'un tiers (31%) affirment avoir été témoins d'au moins une discrimination dans le monde du travail. Dans l'ensemble, les salariés jugent insuffisantes les politiques mises en oeuvre dans leur entreprise, estimant à 71% que "ce sont surtout des actions de communication". Toutefois, un sur deux affirme dans le même temps que "ce sont avant tout les salariés qui doivent se charger en priorité de prévenir les discrimations.
Retrouvez les deux études sur www.lesechos.fr/documents

Source : Les Echos - 15 et 16 février 2008