|
Elles sont plus diplômées mais ont des emplois moins qualifiés. Elles sont plus touchées par le chômage et gagnent moins que les hommes. Face à l'emploi, la situation des femmes est loin d'être égalitaire, comme nous le rappelle la dernière étude régionale de l'INSEE.
Dans son ensemble, la population active féminine est plus diplômée que la population active masculine. En Nord-Pas-de-Calais, 13% des femmes actives âgées de 15 à 64 ans n'ont aucun diplôme contre 16% des hommes. A l'opposé, 29% des femmes actives sont diplômées du supérieur contre 23% des hommes.
Cependant, comme l'explique Nicole GADREY, présidente du collectif régional pour l'information et la formation des femmes, "il y a une trop forte concentration de femmes dans des métiers peu valorisés. Il y a un problème au mement des choix de formation et d'orientation". Enseignement professionnel, sections de techniciens supérieurs, écoles d'ingénieurs, sont en effet l'apanage des garçons.
En 2005, date des dernières enquêtes de recensement, le taux d'activité des femmes âgées de 25 à 54 ans était de 76% en Nord-Pas-de-Calais, soit 18 points de moins que celui des hommes. Cet écart est le plus élevé du pays. "La situation familiale joue pour beaucoup, notre régon étant terre de familles nombreuses", explique Marie-Laure BALMES, directrice régionale du travail, de l'emploi et de la formation professionnelle. "La situation est toutefois différente selon les territoires, renchérit Nicole GADREY. Le taux d'activités des femmes est plus élevé en métropole lilloise que dans le bassin minier".
¤ Une femme sur deux est une employée - Près de 50% de la population active féminine ayant un emploi relève de la catégorie des employées. Même si leur part progresse, les femmes ne représentent que 10% des cadres de notre région.
Les emplois occupés par les femmes se situent essentiellement dans les activité des services à 74% contre 48% des postes occupés par les hommes. Les femmes se retrouvent plus particulièrement dans l'administration, l'éducation, la santé ou l'action sociale.
Parmi les sortants du système éducatif en juin 2005 dans le Nord-Pas-de-Calais, 36% des garçons sont en activité professionelle sept mois après leur sortie contre 39% des filles.
L'europe inégale.
En matière d'activité et d'emploi des femmes, les comparaisons européennes sont intéressantes. Selon les donées Eurostat, le taux d'activité féminin est supérieur en France (64.9%) au taux moyen européen (63.5%). En France, la part du temps partiel a régressé de 0.6 point entre 200 et 2005 pour être de 30.2% alors que cette part a progressé au niveau européen de 2.8 points pour atteindre 32.3%. L'écart des salaires entre hommes et femmes, de 13% en 2005, situe également la France dans la moyenne européenne.
Mais ces moyennes cachent de grandes différences entre Etats. Les pays scandinaves et les ex-pays communistes (où l'égalité des sexes est ou a été valorisée) affichent les écarts de taux d'emploi entre hommes et femmes les plus faibles (inférieur à 15%). Par contre, en Espagne, Irlande, Italie, Grèce ou Pays-Bas, les écarts de taux d'emploi dépassent les 25%.
Concernant les écarts de rémunération, le Royaume-Uni et l'Allemagne ne se distinguent pas (écart supérieur à 20%) ; l'irlande, l'Italie, la Grèce et la Belgique, étant par contre les pays les moins inégalitaires (moins de 9% d'écart).
Source : La Voix du Nord - 26 mars 2008
|