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A peine sortis de l'ascenseur de la tour du Crédit agricole, boulevard Pasteur à Paris, Muhammad YUNUS et René CARRON n'en finissent pas de rire. Entre le banquier des peuvres et celui des paysans, qui se rencontrent pour la première fois, le courant passe manifestement très bien.
Le patron de la banque verte ne cache pas sa fierté de recevoir la visite éclair de l'ménimence mondiale du microcrédit, venue à Paris annoncer la naissance de la Fondation Grameen -Crédit Agricole. La toute première alliance entre le célèbre Bangladais fondateur de la Grameen ank et une institution financière "classique". Myhammad YUNUS l'admet : "C'est comme un rêve devenu réalité. Aucune autre banque ne nous a proposé une telle opération, clairement non lucrative."
Il n'attire pas seulement des mais, il produit des disciplines. Des milliardaires heureux de propager la bonne nouvelle : professeur YUNUS a la solution pour un finir avec la pauvreté dans le monde.
En attendant ce jour béni, il vient de sortir, le mercredi 19 mars, son deuxième livre, vers un nouveau capitalisme, aux éditions JC Lattès. Après le crédit aux plus pauvres - développé dans son premier ouvrage testamentaire, Vers un monde sans pauvreté - , YNUNUS précise cette fois-ci l'étape suivante : le social business. Un concept qu'il veut novateur, et qui l'excite manifestement bien davantage que de raconter une fois encore l'histoire de sa banque née en 1983, qui lui a valu le prix Nobel de la Paix en 2006.
Lui est passé à autre chose et s'explique : "Un social business consiste à monter une entreprise à capitaux privés, dont le but premier n'est pas le profit mais le bien social, nous explique YUNUS. Pour autant, ce n'est pas de la philanthropie. Les investisseurs doivent reprendre leurs billes et l'entreprise doit s'autofinancer. " L'ancien professeur d'économie ne ressemble en rien à ces altermondialistes rêvant d'un monde capitaliste : "La charité n'et pas une solution durable. Un dollar donné n'a qu'une vie, tandis qu'un dollar investi dans un social business a la vie éternelle."
Source - Challenges n° 116 - 20 mars 2008
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