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Elles sont peu reconnues en France. Les femmes entrepreneurs représentent pourtant un potentiel de croissance que les pouvoirs publics aimeraient développer.
Il est désormais courant de voir en couverture des magazines les portraits de femmes dirigeantes qui, à l'image d'Anne LAUVERGEON (Areva), sont parvenues à se hisser avec brio jusqu'au sommet des plus grands groupes. Ces étoiles, que l'on peut qualifier de "filantes" tant leur carrière a été rapide et exemplaire, laissent pourtant dans l'ombre une tout autre réalité économique : celle des femmes créatrices de petites et moyennes entreprises. Moins spectaculaire et moins médiatique, leur réussite n'a pourtant rien à envier aux autres. L'entrepreneuriat féminin commence d'ailleurs à faire réfléchir les pouvoirs publics sur la nécessité de soutenir un mouvement encore très en retrait en France.
"La situation est paradoxale en France : nous n'avons pas assez de femmes entrepreneurs, pourtant, celles qui se lancent dans l'aventure réussissent souvent fort bien", indiquait le 16 novembre dernier le secrétaire d'Etat en charge des Entreprises et du Commerce extérieur, Hervé NOVELLI, lors d'une rencontre organisée sur le sujet. D'après les chiffres d'une étude réalisée par l'APCE (Agence pour la création d'enteprise), 28% des PME-TPE françaises (parmi l'échantillon des 2.613 millions de PME et TPE de l'Industrie, du commerce et des services) seraient dirigées par des femmes, leur capital étant également contrôlé à hauteur de 50% au moins par des femmes. A titre de comparaison, ce chiffre atteint 34.1% au Royaume-Uni (chiffre 2006) et près de 48% aux Etats-Unis selon des estimations de 2004. Un gâchis pour la croissance selon le ministre : "L'entrepreneuriat féminin est un formidable réservoir de croissance. Aujourd'hui, les femmes représentent 46% de la population active alors qu'elles ne représentent que 28% des entepreneurs dans les PME-TPE. Faire progresser ce nombre, c'est contribuer à la croissance et la création d'emploi."
Mais la principale difficulté, selon l'étude de l'APCE, tient dans la conciliation de la vie familiale et de la vie professionnelle. Sur ce point, des efforts ont pourtant été faits pour permettre aux femmes chefs d'enteprise de travailler depuis leur domicile : depuis les lois Dutreil, la domiciliation du siège social a été portée de deux à cinq ans.
Pour aller plus loin, trois axes de travail ont été identifiés par Hervé NOVELLI. D'abord, une éventuelle déclinaison du dispositif ACRE (Aide au créateur et repreneur d'entreprise) dont bénéficient actuellement les chômeurs qui souhaitent créer leur entreprise : "Il faudrait disposer d'un instrument de ce type pour soutenir les femmes chefs d'entreprise", a déclaré le ministre, sans pour autant indiquer l'échéance de création de ce dispositif. Des efforts sur la formation à la direction d'entreprise ont également été évoqués, ainsi qu'un soutien renforcé aux réseaux qui accompagnent les femmes créatrices d'entreprise.
Restent deux obstacles souvent évoqués par les femmes concernées : la difficulté à se saisir des aspects financiers et le poids de l'administratif. "Quand vous ne venez pas d'un milieu d'affaires, comme c'était mon cas, il est très difficile de bien maîtriser tous les aspects financiers", souligne Elisabeth LEFEBVRE dont les succès sont connus puisqu'elle est à l'origine du lancement de plusieurs news magazines, notamment "Biba", "Côté Sud" ou envore "Atmosphères". "Il faudrait mettre en place une sorte de numéro vert où l'on pourrait poser toutes les questions, notamment financières et administratives, que l'on n'ose pas toujours évoquer en interne", propose-t-elle. De quoi donner de nouvelles pistes d'action au ministre, qui réfléchit parallèlement au lancement de plates-formes de services extérieures à l'entreprise sur lesquelles pourraient être tranférées la charge administrative. La fin du cauchemar bureautique pour tous les entrepreneurs, qu'ils soient hommes ou femmes.
Source : Les Echos - 18 et 19 janvier 2008
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