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Chaque mois, un chef d'entreprise installé depuis peu évoque son parcours jusqu'à la création de sa société. En 2004, Olivier DESURMONT quitte Paris et son poste de chef de projet dans une importante société pour se lancer dans la grande aventure de la création d'entreprise. Il raconte ses débuts difficiles et son attachement à la partie social de la société Sinéo.
Que faisiez-vous avant la création de votre société ?
J'ai fait toutes mes études à Lille. En 2001, je suis parti à Paris travailler chez Suez en tant que chef de projet informatique. J'étais un jeune cadre dynamique, le vrai cliché du cadre parisien ! Mais très vite, je me suis senti à l'étroit. Mon projet professionnel manquait de sens et j'ai eu envie de créer ma propre entreprise. Il me manquait l'idée. Elle m'est venue pendant la canicule de l'été 2003 où l'on a interdit l'arrosage des pelouses, le remplissage des piscines et le lavage des voitures à l'eau. Je me suis demandé ce qu'on pouvait proposer come alternative pour les véhicules. j'ai découvert que l'on savait laver des voitures sans eau mais la technique n'était pas au point. Il y avait donc quelque chose à trouver.
Quelles ont été les étapes de la création de Sinéo ?
J'ai d'abord démissionné de mon travail et j'ai vendu ma voiture. J'avais 6 000 € pour démarrer. je suis rentré habiter à Lys lez Lannoy, chez mes parents, et je me suis lancé dans une étude de marché pendant un an, où j'ai appris mon métier c'est à dire laver des voitures. j'ai testé tous types de produits écologiques, nettoyage à la vapeur d'eau ou sans eau. Je me suis rendu compte qu'il n'y avait pas de bons produits qui alliaient à la fois qualité environnementale et détergente et je suis allé à la rencontre d'un laboratoire dans les Vosges pour le convaincre de me fabriquer des produits.
J'ai trouvé en mai 2005 un premier local où j'ai commencé par travailler seul avec mon bleu de travail. Et très vite, j'ai été submergé par la demande.
Avez-vous rencontré des difficultés durant cette période ?
Le plus difficile à gérer c'est l'entourage et la famille qui se pose des questions. C'est vrai qu'au début, financièrement, j'étais passé de 3000 € net par mois à 200 € de revenu.
J'ai aussi été victime de mon succès et je me suis trouve face à des problèmes de trésorerie. J'avais fait des crédits à la consommation pour payer les salaires de mes ouvriers et, pris dans l'engrenage, j'ai été fiché à la Banque de France, sans carte bleue et sans chéquier. Heureusement, c'est une autre banque qui m'a sorti d'affaire, qui a cru à mon projet et qui m'a accompagné.
Aujourd'hui votre entreprise est en pleine croissance, de quoi êtes-vous le plus fier ?
Depuis le début je voulais donner un sens à mon projet et faire de mon entreprise, une société d'insertion. j'ai souhaité embaucher des gens en difficulté, chômeurs de longue durée, travailleurs handicapés, RMistes, ... Nous les aidons sur les problématiques de logement, de surendettement. Nous travaillons aussi l'accompagnement social et nous les amenons à définir un projet professionnel. Laver des voitures, tout le monde peut le faire, ce n'est pas une vocation, c'est un métier tremplin. Et depuis le début, nous sommes fiers d'avoir vu naître, grâce à cet engagement : une assistante maternelle, un plombier, un gendarme, ...
Sinéo a reçu le Prix d'Action Citoyenne en 2006 pour son action "Engagement environnemental et social chez SINEO"
Source : La Voix du Nord - 23 août 2009
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