Gucci signe un pacte social avec ses fournisseurs

La griffe italienne veut valoriser sa filière de production.

GUCCI veut soutenir et protéger sa filière. La griffe italienne a signé un accord qui prévoit la mise en place de règles précises afin d'améliorer les conditions de travail de l'ensemble de ses fournisseurs installés en Toscane. Placé sous le signe de la transparence et de la correction - chez Gucci, on parle de "responsabilité sociale" -, le pacte, également souscrit par les syndicats de la région ainsi que par l'association des industriels et des artisans, est une première dans la Péninsule.
"Les facteurs critiques du succès de notre griffe reposent sur l'aspect artisanal et sur une qualité absolue. Il est donc important de s'engager pour protéger et valoriser cette filière de production", explique Patrizio di MARCO, président et administrateur délégué de Gucci, qui veut établir des liens corrects avec ses propres fournisseurs mais aussi contrôler les rapports que ces derniers établissent avec les entreprises plus en amont. "Nous avons demandé à nos fournisseurs de ne pas modifier les conditions économiques avec leurs propres fournisseurs. Et nous sommes prêts à nous séparer de ceux qui n'auront pas un comportement éthique correct", assure le dirigeant.
Ce "pacte" comporte une dizaine d'articles. Plusieurs thèmes industriels y sont abordés. On parle bien sûr des conditions sociales et du respect de l'environnement. Le "système Gucci" veut valoriser le savoir-faire des entreprises qui le composent et intervenir si nécessaire. Il prévoit ainsi d'améliorer les flux de production en assurant une meilleure planification des cycles industriels, de protéger l'emploi (notamment en cette période de crise) grâce à des instruments adaptés, de mettre en place des initiatives de formation à tous les niveaux de la filière mais aussi de promouvoir les investissements en nouvelles technologies susceptibles d'améliorer les processus de production.
On remarque enfin un chapitre concernant la finance : l'objectif est d'aider ces petites entreprises à accéder plus facilement au système bancaire. "La crise risque de mettre à genoux de nombreuses sociétés. Nous devons éviter que ces petits artisans soient étranglés par des ogiques de marché", explique le patron de Gucci. Un comité de filière permanent, composé de dirigeants de Gucci et de membres des associations qui ont adhéré au pacte, sera chargé de veiller à l'application de ces règles.
Fort d'un chiffre d'affaires de 2.2 milliards d'euros en 2008 (environ 55% des ventes sont réalisés avec de la maroquinerie, le solde se répartit entre les chaussures, l'habillement ou encore la joaillerie), Gucci s'est lancé dans un processus de certification sociale dès 2004, signant à l'époque un accord avec les syndicats. Puis en 2007, l'organisme international Bureau Veritas lui a accordé un premier certificat garantissant la responsabilié sociale de l'entreprise (SA 8000) pour sa filière maroquinerie et joaillerie. Plus récemment, ce sont les chaussures qui ont obtenu le label, tandis que la procédure est actuellement en cours pour la filière habillement.

Source : Journal du Textile n° 2014