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Deux entreprises régionales de secteurs différents unissent leurs efforts pour des textiles techniques capables de dépolluer l'air, et surtout l'eau.
C'est une grande première, exposée à l'occasion du salon Environord. Intissel(groupe Chargeurs) développe à Watrelos des textiles non tissés à l'échelle industrielle, et Baudelet fait travailler 204 salaréis à Blaringhem dans le recyclage et la valorisation des déchets.
Intessel va investir 3 millions, et Baudelet 700 000 euros, pour concevoir, développer et commercialiser ensemble à partir de 2009 un matériau tout à fait innovant de filtration des polluants, notamment les métaux lourds, dont ceux concentrés dans les sédiments des eaux des ports, des canaux et des rivières.
Le principe est simple, puisqu'il s'agit de greffer des molécules sur du textile pour donner ce que l'on appelle des textiles échangeurs d'ions. L'eau, par exemple polluée au plomb, sera lessivée en passant dans le textile qui fera office de filtre . L'innovation est significative puisqu'il n'est plus nécessaire de chauffer pour dépolluer, suivant l'exemple des techniques actuelles. Ici, la dépollution s'opère à froid, sans émission de gaz à effet de serre, les fibres absorbant les molécules polluantes.
Des tests sont en cours avec les voies navigables de France, Total et Eiffage, qui rencontrent ce type de pollutions, les ports avec le cadmium des piles par exemple, alors que de nombreux canaux restent incurables, au risque de libérer leurs concentrations de métaux lourds.
On estime à 5 millions de mètres cubes le volume de sols pollués dans la région, qui vit avec sur son sol un site pollué français sur six, un chiffre largement sous-estimé, faute de recensement précis.
Source : La Voix du Nord - 11 juin 2008
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