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Elle n'est pas experte en mécanique mais elle a la volonté. Elle n'est pas docteur ès bagnoles mais elle respire l'enthousiasme. C'est peut-être pour cela que son projet a plu, convaincu. Pour trouver Louisa DJOUAD à Ruobaix, il faut passer la porte d'un garage bien particulier : Mobil'Emploi. Une association qui lui vaut l'être reconnue Talent des cités.
"C'est un vrai défi de se dire qu'on peur redynamiser des demandeurs d'emplois de longue durée en leur louant des voitures ! ". Et pourtant, c'est tout le principe de Mobil'Emploi. Aux personnes que lui envoient Pôle emploi ou la mission locale, elle loue des voitures à des trarifs imbattables. "Pas pour aller faire les courses", mais pour se sortir du piège de l'exclusion. Elle répare aussi leurs véhicles, pour une addition largement moins lasée que dans n'importe quel autre garage. De toute façon, ils ne pourraient pas aller ailleurs.
Depuis qu'elle a levé le rideau de sa petite entreprise, dans un quartier pas vraiment gâté de Roubaix, elle n'arrête pas. Ses quatre voitures et sa camionnette partent le matin et rentrent le soir, au rythme des horaires de travail. Au volant, surtout des femmes. et ce n'est pas un hasard...
Ces demandes la renvoient deux ans en arrière. Louisa DJOUAD a alors une belle exérience de secrétaire de direction dans de grandes entreprises. Mais un licenciement économique la met devant les échéances très concrètes.
Elle est suivie par l'ANPE, postule dans plusieurs entreprises "et un jour, un employeur potentiel est séduit par mon profil et me convoque à un entretien. Le matin même, j'ai un accident de voiture. J'appelle évidemment pour le déplacer et on me répond : "Madame, la mobilité est un préalable à l'emploi. Qi vous n'avez pas de véhicule, ce sera difficile de travailler avec nous." Et donc, fatalement, "le poste m'est passé sous le nez".
La désillusion est rude, "mais l'idée fait son chemin et je commence à coucher sur le papier le projet de Mobil'Emploi". Puis elle se lance, avec un peu de temps et de sérieux coups de main, à commencer par la fondation de la Société Générale "qui m'a permis de financer de l'outillage et des véhicules".
C'est bien, mais cela ne fait pas tout. "Les voitures, il faut les entretenir, les assurer. Je ne peux pas proposer un tarif solidaire si je n'ai pas de fonds de roulement. Je ne suis pas mère Térésa". Alors, Mobil'Emploi, "c'est aussi un garage classique". Ou presque. Car elle propose aussi des réparations à monsieur ou madape tout-le-monde "à des tarifs déjà assez bas?. Mais il faut que nos clients soient aussi des personnes qui adhèrent à l'association." En quelques semaines, elle en a déjà convaincu plus de soixante-dix. Le mécanicien qui travaille avec elle, en contrat d'accompagnement vers l'emploi, sera bientôt secondé par un autre. "Il m'a appelée, cela faisait vingt ans qu'il cherchait un emploi stable. Si la location de voitures peut aider les gens à relever la tête, moi je suis d'accord."
Dans quelques mois, quand elle pourra - elle l'espère - se verser un salaire, Louisa DJOUAD se voit bien à la tête d'une flotte d'unje quinzaine de véhicules.
"J'aimerais que Mobil'Emploi devienne un vrai atelier d'insertion, et que le fait de louer - sur prescription - ou de faire réparer son véhicule devienne plus généralisé du côté de Pôle Emoloi" Et puis elle aimerait aussi "développer la vente de véhicules de petite cylindrée pour le public féminin. Car à Roubaix, les femmes qui ont besoin de travailler et qui ne peuvent pas parce qu'elles n'ont pas de voiture, il y en a beaucoup."
Source : La Voix du Nord - 14 octobre 2009
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