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"On reviendra à des objets capables de produire leur propre énergie" | "On reviendra à des objets capables de produire leur propre énergie" |
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Pour Elisabeth LAVILLE, fondatrice du cabinet Utopie, spécialiste du Conseil en développement durable, il est urgent que les entreprises aillent au-delà des slogans et placent les économies d’énergie au chœur de leur stratégie. La France se prépare à imposer un mécanisme de bonus-malus sur une vingtaine de familles de produits. Les entreprises sont-elles prêtes pour ce changement culturel, avec lequel la consommation d’énergie du produit devient un élément de valorisation ? Le chemin parcouru est impressionnant, depuis les temps « préhistoriques » du développement durable, à la fin des années 1980, où les entreprises ont développé des opérations de mécénat social ou environnemental sans rien changer à leurs pratiques ni à leurs produits. Progressivement, elles se sont rendu compte que les citoyens leur demandaient d’agir sur leurs propres impacts en polluant moins, en consommant mois d’eau et de déchets. Les plus aventureuses ont alors sensibilisé leurs salariés aux gestes citoyens ou commercialisé quelques produits éthiques. Mais elles restaient persuadées qu’ils ne marcheraient jamais. Aujourd’hui, on est passé à l’étape suivante : avec son plan « Eco-magination », General Electric a prévu de doubler, d’ici à 2010, son programme de recherche consacré aux technologies vertes, ce qui revient à investir 700 millions de dollars supplémentaires. Le groupe prévoit que ses ventes liées aux produits écologiques passent de 10 à 20 milliards de dollars. C’est encore peu fréquent, mais les choses évoluent : Adidas vient de lancer une collection écologique, pas des prototypes mais des modèles vendus dans le commerce, avec une dizaine de chaussures et de tee-shirts fabriqués à partir de matières premières naturelles à moindre impact écologique, de produits recyclés, jute, chanvre, liège et bambou. Des modèles conçus en fonction du désir de 95% des consommateurs, qui veulent être informés sur l’impact environnemental de ce qu’ils achètent. L’ajout sur les étiquettes de la quantité de CO2 émise à l’occasion de la fabrication d’un produit est à la mode. Jusqu’où peut-on aller ? Cela suppose en amont un énorme travail de sélection des informations environnementales les plus pertinentes : les kilomètres parcourus par le produit, le moyen de transport, sans oublier la liste des ingrédients et leur origine. Avec l’augmentation du prix du pétrole, les clients voudront aussi suivre leur facture de chauffage au quotidien. Les produits existent déjà sur le marché anglais et suédois. Trois jeunes désigners britanniques ont créé Wattson, une sorte de compteur intelligent. Branché sur le réseau électrique, il permet de suivre ‘en direct » l’évolution de sa consommation. L’étape suivante sera d’inventer des outils capables de produire leur propre énergie. Sony a déjà montré il y a deux ans des prototypes de caméras et d’appareils photo sans pile. La marque britannique Freeplay propose une lampe torche ou une radio que se remonte à la main. Nos grands pères disposaient de radios rechargeables, mais il fallait tourner sans cesse la manivelle. Aujourd’hui, après de longues recherches, on peut s’éclairer trente minutes en tournanat une manivelle soixante secondes.
Source : Les Echos - 18 juin 2008
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