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Ces entreprises qui misent sur les seniors Version imprimable Suggérer par mail

L'entreprise MCF s'appuie sur le tutorat.
Dans cette PME du Pas-de-Calais, un système de tutorat permet la transmission des savoirs et améliore le quotidien des seniors.

A Grande Synthe, près de Dunkerque (Nord), Mécanique et Chaudronnerie des Flandres (MCF) emploie une cinquantaine d'ouvriers, et a pour clients Arcelor ou la centrale nucléaire de Gravelines. Pour Gérard DECOSTER, le directeur général de cette PME spécialisée dans la maintenance et la mécanique lourde des pièces d'industrie, les plus de 50 ans sont "la mémoire et le disque dur de l'entreprise. Ce sont eux qui transmettent les savoir-faire."
Dès 2001, MCF a mis en place un système de tutorat. Les seniors, avant de partir à la retraite, prennent en charge les jeunes qui intègrent l'usine pour ne pas laisser se perdre un savoir-faire que certains ont mis plus de vingt ans à acquérir.
L'idée est venue à Gérard DECOSTER en 2000, lorsque le décret "amiante" lui a fait perdre 25% de ses effectifs. A la faveur de cette disposition permettant aux travailleurs qui ont été en contact avec le matériau de partir en préretraite, les anciens des chantiers de construction navale de Dunkerque, nombreux chez MCF, sont partis. En trois ans, 11 des 45 employés ont quitté l'entreprise. Catastrophe. "Il fallait agir vite pour former les nouveaux entrants avant ces départs", poursuit Gérard DECOSTER.
Aidée par le Fonds Européen de développement régional (Feder), qui subventionne le projet à hauteur de 1000 € par tuteur, l'entreprise enseigne le tutorat à ses anciens, dans une contexte où le ministère de travail encourage l'emploi des seniors. Pendant trois mois, à raison d'une demi journée par semaine, ceux-ci sont formés par l'Agence régionale pour l'amélioration des conditions de travail (Aract). Et ils peuvent endosser leur nouvel habit d'ouvrier-tuteur, ce qui atténue la pénibilité du travail. Ils sont aujourd'hui quatre chez MCF.
A 57 ans, Alain BONNALLIE, "vingt et un ans de maison", a décidé de rempiler. Depuis 2004, il a formé huit jeunes dont quatre sont restés dans l'entrerpise. "A partir de 50 ans, on est vieux dans ce métier, dit-il, alors cette expérience du tutorat m'a permis de lever un peu le pied."
Le tutorat permet également aux anciens de se sentir valorisés dans leur métier. "C'est une vraie reconnaissance de pouvoir transmettre ainsi aux plus jeunes ; cela veut dire que l'entreprise a conscience de notre valeur ajoutée", explique Alain BONNALLIE.
Il aurait pu partir à la retraite en janvier dernier, mais il a décidé de continuer au moins jusqu'en décembre, "parce que l'ambiance est bonne" et parce qu'il ne se sent pas encore prêt. De son côté, Gérard DECOSTER le reconnaît : s'il a réussi, à travers ces tutorats, à assurer la transmission des savoirs de MCF, et à améliorer les conditions de travail de ses ouvriers en fin de carrière, il reste difficile de less retenir très longtemps.

Source : La Croix - 28 avril 2008

 
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