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Cette société, implantée en Lorraine, crée des emplois adaptés pour des salariés qui ne peuvent plus travailler dans la sidérurgie.
Quand on traverse le locaux de la société H et E (comme Homme et Emploi), la filiale "seniors" d'Arcelor Mittal, à Rombas (Moselle), il est rare de croiser un salarié qui ne soit pas quinquagénaire. Société de service dans le second oeuvre du bâtiment, le jardinage, la logistique ou la numérisation de documents, ses salariés sont tous d'anciens ouvriers sidérurgistes avec des problèmes de santé ou qui, touchés par des licenciements, peuvent difficilement retrouver du travail en raison de leur âge et de leur niveau de qualification. Tous travaillaient avant pour le groupe Arcelor Mittal : H et E a été fondée en 1999 au moment du rachat de l'usine Arcelor de Gandrange par l'industriel indien, qui ne reprenait pas environ 200 salariés, souvent les plus âgés.
Afin de leur permettre de terrminer leur carrière de manière plus digne qu'au chômage ou dans un poste "placard", Arcelor a créé une filiale sur mesure, où ils apprennent un nouveau métier, avec des horaires et des contraintes adaptés, et gardent salaire et avantages du groupe. "C'est une entreprise à l'envers. On crée des emplois en fonction des compétences des gens mis à notre disposition", explique Gervais HANS, directeur général, lui aussi ancien ouvrier et aujourd'hui à la tête de 154 salariés pour un chiffre d'affaires de six millions d'euros.
"L'idée du bâtiment est venue car on s'est aperçus que les sidérurgistes aimaient bricoler dans leur temps de loisir. On les a formés à des travaux très variés. C'est moins physique que de faire toujours la même chose et cela correspond à un marché qui n'intéresse pas les entreprises classiques. En ce moment, on réfléchit à développer une activité de "call-center". Les seniors peuvent y être très recherchés, avec leur voix mûre, rassurante."
Pour que H et E soit concurrentielle, sans revoir les salaries à la baisse, Arcelor Mittal verse le complément. Mais le concept, développé depuis trois ans dans d'autres sites du groupe (dans le Nord et en Belgique), pourrait fonctionner sans aucune aide. Dans les Vosges, H et E a lancé il y a un mois une association à but lucratif (H et E 88) destinée à créer de l'emploi pour d'anciens ouvriers du textile, mais cette fois sans aucun lien financier avec Arcelor Mittal. "C'est possible, car les salaries dans le textile sont plus bas", précise Gervais HANS.
De grands groupes français, confrontés aux mêmes problèmes d'emploi des seniors, réfléchissent sérieusement à copier le modèle, et demandent à H et E une aide au montage de leur propre structure. Volontiers, mais moyennant finances, répond H et E, qui saisit l'occasion pour créer encore un nouveau métier : le "consulting" en emploi des seniors.
Source : La Croix - 28 avril 2008
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