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Des DRH ouvrent le chantier du mal-être au travail Version imprimable Suggérer par mail

L'ensemble des confédérations syndicales ont signé, le 24 novembre, l'accord national interprofessionnel (ANI) sur le stress au travail.

Grâce à ce texte (la transcription d'un accord européen de 2004), " c'est la première fois que le patronat reconnaît que le stress peut être généré par l'entreprise ", notamment par la surcharge de travail ou par des objectifs disproportionnés, se félicite Laurence Théry, membre de la CFDT et administratrice de la Fondation Européenne pour l'amélioration des conditions de vie et de travail. L'ANI indique aussi que le stress peut avoir une " origine extérieure au milieu de travail ", formule à laquelle tenait le patronat. Cependant, l'accord ne prévoit aucune obligation d'être décliné dans des accords de branche ou d'entreprise. " Toutefois, il rappelle que l'employeur a des obligations, ce qui signifie qu'en cas de suicide, de souffrance au travail, sa responsabilité pénale sera recherchée ", prévient Françoise Pelletier, avocate associée du cabinet Lefèvre Pelletier & Associés, qui défend les entreprises.

" Est-ce que l'accord a favorisé une prise de conscience des employeurs ou bien l'a-t-il suivie ?, se demande Bernard Salengro, médecin du travail, chargé des questions de santé au travail à la CGC. En tout cas, je constate que, selon notre dernier baromètre du stress - rendu public mi-novembre - , 20 % des cadres ont répondu que leur entreprise prend en compte le stress, un score jamais atteint ", même s'il reste peu élevé.

Certaines entreprises n'ont pas attendu l'ANI pour bouger. Laurent Besse, responsable du développement des ressources humaines chez Bayer CropScience, a, lors de la réunion de l'UIC, apporté son témoignage sur la démarche mise en place dans son entreprise depuis plus de dix ans. Le plan vise à la fois les personnes (avec des formations sur la prévention et la gestion du " stress individuel " et du " stress relationnel ") et le collectif, avec l'inscription, depuis 2002, du " niveau de stress " dans le document unique (DU) obligatoire d'évaluation des risques professionnels. " Inscrire le stress dans le DU permet, explique M. Besse, de déceler les problèmes " dans les services et d'intervenir si besoin, comme cela s'est produit en 2008 lorsqu'une surcharge de travail a été révélée dans un secteur.

Source : Le Monde, édition du 16 Décembre 2008.