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Le ministre du travail, Xavier BERTRAND, dévoile ses propositions sur les retraites, avec l'amélioration de l'emploi des seniors en ligne de mire... mais aucune intention de remettre en cause l'allongement à 41 ans de la durée de cotisation.
Selon Xavier BERTRAND, le travail des seniors en France est un gâchis économique, social et humain : "Si tout le monde partait à la retraite à 60 ans, on réglerait 10 à 15% du financement des retraites. C'est aussi un gâchis social parce qu'il n'y a pas de trasmission du savoir. Enfin, un gâchis humain, car un senior qui voit qu'on ne le forme plus à partir de 45 ans se sent inutile."
"Si l'on ne veut pas baisser les retraites ou augmenter les cotisations, il faut travailler et cotiser plus longtemps", a mis au point Nicolas SARKOZY lors de sont intervention télévisée de jeudi, en rappelant que l'allongement à 41 ans était prévu par la réforme Fillon des retaites de 2003.
Le gouvernement va mettre l'acent sur l'amélioration de l'emploi des seniors, une loi étant annoncée "avant l'été". Avec un taux d'emploi de 38.1% pour les 55-64 ans en 2006, la France se situe très en dessous de la moyenne de l'UE (43.5%).
Le ministre du Travail veut améliorer les dispositifs existants : une fusion et un assouplissement de la retraite progressive et du cumul emploi-retraite, et l'encouragement du temps partiel et du "tutorat", sont envisagés.
Le ministre, qui "ne croit pas aux quotas" de seniors dans les entrerpises, a prévenu celles "qui continueront obstinément à refuser de jouer le jeu qu'elles seront taxées plus lourdement".
La suppression de la dispense de recherche d'emploi (DRE) pour les chômeurs de plus de 57.5 ans semble, elle, acquise.
Côté financement, le gouvernement n'a pas clairement indiqué quel sort il réservait au Fonds de réserve des reraite (FRR), et à ses plus de 30 milliards d'euros d'actifs, dont les partenaires sociaux craignent la disparition.
Xavier BERTRAND s'est pas ailleurs clairement prononcé pour "baisser les cotisations chômage et augmenter à due concurrence les cotisations retraite", une option qui divise les partenaires sociaux, et qui relève d'ailleurs de leur négociation à venir sur l'assurance chômage.
Des dispositifs existants mais peu utilisés.
Surcote, cumul emploi-retraite, retraite progressive : plusieurs dispositifs, pour la plupart peu utilisés, ont déjà été mis en place ces dernières années. Sans grands résultats.
Surcote et décote - Mise en place en 2003, la surcote majore les pensions des assurés ui pousuivent leur activité alors qu'ils ont droit à leur retaite. Cette réforme prévoyait une majoration de la retraite de 3% par année de cotisation supplémentaire.
Le plan pour l'emploi des seniors, lancé en 2006, a maintenu ce taux pour la première année, mais l'a porté à 4% pour les années suivantes, et à 5% au delà de 65 ans. A l'inverse, les assurés choisissant d'arrêter de travailler avant d'avoir atteint le nombre de trimestres nécessaires puor une retraite à taux plein se voient appliquer une décote : leurs retraites, de base et complémentaire, sont minorées.
Retraite progressive - Plusiers régimes de base, et certains régimes complémentaires, permettent de prendre une retraite profressive. L'assuré perçoit une partie de sa retraite de base, en fonction de la part d'activité qu'il conserve. Il reçoit ainsi 50% du montant de la retraite s'il conserve une activité autour d'un mi-temps -40 à 60%) ou encore 70% si l'activité est inférieure à 40% du temps complet. Pour en bénéficier, un salarié du privé doit avoir au moins 60 ans, avoir cotisé pendant trente-sept ans et demi et exercer une seule activité à temps partiel après la retraite.
Cumul emploi-retraite - OUvert dans la quasi-totalité des régimes, le cumul répond cependant à des modalités différentes de l'un à l'autre.
Pour les salariés, le cumul du montant des retraites et des revenus professionnels ne doit pas dépasser le montant du dernier salaire, ou 1.6 fois le SMIC si ce calcul est plus favoriable à l'assuré.
Les salariés du secteur privé qui souhaitent retravailer auprès de leur ancien employeur doivent laisser passer un délai de six mois après la date de leur départ en retraite.
CDD seniors - Il existe des mesures pour inciter les entreprises à embaucher des seniors ou sanctionnait celle qui les excluent. Mais avec vingt titulaires du "CDD seniors", instauré en 2006, le succès n'est pas là.
Source : La Voix du Nord - 28 avril 2008
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